Ôde à Barcelone

Johanna du blog VisionsOfJohanna à vécu 6 mois à Barcelone et est complètement tomebée amoureuse de cette ville, qu’elle ne se lasse jamais de retourner visiter. Elle déclare son amour pour cette ville bon vivante, artistique et tellement humaine dans son article Ode to Barcelona, Hotelworld a décidé de le traduire pour vous, parce que ça nous a donné envie de découvrir un peu plus cette cité incroyable.
barcelona3
Aaaah… par où commencer ?
Je me rappelle encore l’époque où j’avais pour habitude de retirer de l’argent à n’importe quel distributeur, n’importe quel ATM voire n’importe quel trou dans un mur. C’était d’un chiant ! Où était le challenge, le pari, le risque, le frisson ? Ça n’avait rien d’une aventure bien excitante, j’avais juste à prendre mes sous et à les ranger sous un ciel tout gris.. Mais toi, tu as su rendre ma vie bien plus exaltante ! Désormais, je me retrouve à flâner dans des rues que je n’aurais jamais découvertes si le distributeur avait juste fonctionné. Eternelle question : Vais-je pouvoir retirer de l’argent ou pas ? Cela m’a permise de débuter plein de nouvelles conversations mais aussi de repousser mes réticences à demander aux gens autour de moi s’ils pouvaient me dépanner de quelques billets. Merci de m’avoir fait sortir de ma zone de confort et d’en finir avec mon Moi auto-suffisant.
Merci également de m’avoir ré-appris à faire l’art de la conversation. Pourquoi aller directement au but alors que l’on peut tourner autour du pot pendant des heures, sans jamais parvenir à une quelconque conclusion claire et définitive ? Ma façon de pensée est devenue abstraite à ton image et à celle des chefs d’oeuvre qui te parent.
Pourquoi penser en lignes droites alors que c’est bien plus drôle quand tes pensées partent dans tous les sens, s’envolant dans les nuages, survolant le sommet de tes montagnes et dérivant au fil des flots.
Il y a bien lontemps dans une galaxie lointaine mes pensées étaient aussi rectilignes qu’une voie romaine ou qu’un boulevard Haussmannien… mais ça c’était avant. Pourquoi penser de façon toute droite alors que la vie est tellement plus fun quand on laisse ses pensées juste pétiller et exploser comme des feux d’artifice ? Quelqu’un a poussé le volume au max, les mots se déverse avec tant de passion et d’énergie et à une fréquence tellement plus haute que ce à quoi je suis habituée.
Une conversation n’a plus la même saveur maintenant s’il est n’est pas accompagnée de gesticulations !
barcelona1
Il y a bien lontemps dans une galaxie lointaine, quand je tournais au coin d’une rue il ne m’arrivait jamais de tomber nez à nez avec une horde de gens en gilets fluos s’époummonant dans des sifflets. Une mer de guerriers tout de néon vêtus prenait les rues à l’assaut, donnant à la police une parfaite occasion pour occuper les premières loges du spectacle, contrôlant la foule tout en étant adossés à leur fourgon une cigarette au bec ! La seule manif’ à laquelle je n’avais jamais assisté était celle de New Dehli de décembre 2012… Que dieu bénisse Jyoti Singh Pandey. Désormais, il s’agit d’un événement hebdomadaire. Torches, visages déterminés, se battre à coup de pied et non plus assis dans son fauteuil hurlant après la télé. Je dissimule mes yeux bleus et mon accent tranchant, autant de preuves que je suis une guiri, une étrangère. Mais t’as pas l’air de m’en tenir rigueur et tu te montres toujours bonne avec moi.Le cri nocturne du tambourin appelant à la bataille du vote  pour l’indépendance me manque. Je m’étais habituée à admirer la lune depuis mon tout petit balcon ainsi qu’à regarder tes drapeaux catalans flottant fièrement sur chaque immeuble, écoutant la clameur collective de ton peuple.
Je me marre en repensant aux jours où j’étais nourrie et lavée avant 20h. Oh ! et les déjeuners où j’avais déjà avalé la moitié de mon sandwich avant même 12h30. J’avoue que , parfois, je me mange presque les mains quand à 14h30 j’en suis encore à me demander si c’est bon je peux manger maintenant . Mais pas de problème, je vis à ton rythme maintenant . J’étais habituée à manger pour survivre mais maintenant je sais que manger n’a en fait que peu à voir avec la survie, c’est surtout un moment pour sociabiliser et se détendre. Pourquoi manger à toute vitesse quand tu peux juste savourer chaque bouchée et profiter d’un bon café après, tout en discutant et refaisant le monde.
Je dois avouer que les horaires de tes magasins restent un grand mystère pour moi.
11-14h, 16-21h, il me semble qu’il s’agit de la règle mais je suis loin d’en être sûre. Les dimanches ont carrément leur propre régime : je suis quasiment certaine que les boutiques ne sont pas supposées être ouvertes mais comme tout il y a des exceptions ? Avant, je me rappelle m’être me  levée un samedi matinp our  affronter la foule et errer dans les rayons de magasins tous plus identiques les uns que les autres. Je peux vous grantir qu’à cette époque là quand je relevais la tête je pouvais voir mon achat récent sur tout un tas d’autres corps. Mais toi, tes rues étroites et pavées sont remplies d’une myriade de boutiques abordables de designer en émergents, des magasins vintage. Avec ça, comment je suis supposée être comme toutes les autres ?
Tu sais quoi, Barcelone, j’avais pour habitude de penser ô combien il était pratique d’acheter toute sa bouffe pour la semaine dans un grand supermarché. Ça me prenait une heure à tout casser, mes sacs plastiques étaient remplis avec exactement ce dont j’avais besoin, et j’étais à la maison pile à l’heure pour préparer mon repas bien avant que la nuit tombe. Désormais, si j’ai besoin de fromage, je vais à la fromagerie, pour de la viande je m’aventure jusqu’à la boucherie où d’énormes pièces de viandes sont suspendues à des crochets ? Tes fruits et légumes ont l’impertinence de pourrir après un jour ou deux. Tu sais que tu peux utiliser des pesticides qui empêchent le pourrissement inévitable des légumes. Garde une pomme pendant un mois si tu veux, elle sera toujours aussi belle et polie, toute brillante. Elle aura juste pas de goût mais elle aura la tronche d’une pomme..
barcelona 2
Mon amour pour l’écriture et la bureaucratie était inévitable. Je loue ton initiative d’imaginer des industries totalement nouvelles tout en gardant vos quartiers vivants, simplement en transformant ce qui devrait être un simple formulaire en ligne en une aventure épique. Haha, c’est brillant cette façon dont tu joues sur nos nerfs en changeant tous les processus très régulièrement, ajoutant plus de torsions et de détours, des documents nécessaires et des niveaux à compléter. Je n’aurais jamais rencontré la charmante dame qui a fait preuve d’une telle passion à chaque fois qu’elle a grondé avec fierté un petit nouveau innocent et peu familier du processus. Sur 6 semaines, je me suis aventurée 3 fois jusqu’aux bureaux de la NIE et  ai suppliées que l’on me reçoive. Si j’avais su qu’il suffisait simplement  d’amener un collègue espagnol pour que vous puissiez rire à mes dépends, je l’aurais fait du premier coup ! Tu m’as donné la joie de recevoir un simple numéro que je chéris comme s’il s’agissait d’un ticket gagnant de l’Euromillion. Il faut dire que ce numéro est juste la clef me permettant de tout faire dans ta merveilleuse ville ?
Auparavant, j’étais tellement pressée, je faisais tout à la minute même où je disais que je l’allais le faire. C’était tellement bête ! Pourquoi faire quelque chose aujourd’hui alors que tu peux le faire mañana.
Crédit photo : Johanna Whitaker

Laisser un commentaire

Get the App. QRGet the App.
Get the App. QR  Get the App.
Défilement vers le haut