Bourse de voyage Zellidja : un bon plan pour partir en solo

Le voyage, paraît-il, est l’école de la vie. Cette idée, l’association Zellidja en a fait son principe fondateur : depuis près de 80 ans, elle offre des bourses de voyage (renouvelables une fois) à des jeunes de 16 à 20 ans. Les conditions ? Partir un mois minimum, seul(e), avec un projet de recherche.

Tous ceux qui voyagent avec cette association finissent par avoir quelques points communs. Un goût prononcé pour l’aventure, les rencontres, les voyages hors des sentiers battus ; une orientation vers des métiers qui permettent de voyager ou, au moins, de se sentir vivant. Une ouverture d’esprit, une faculté d’adaptation plus haute que la moyenne ; et une appétence particulière pour les auberges de jeunesse les moins chères, qui sont souvent les meilleurs endroits pour rencontrer du monde. Et ce, qu’il s’agisse de faire un bout de route avec quelqu’un, de combler la solitude, d’avancer dans son projet de recherche, ou d’économiser de l’argent pendant un voyage.

La bourse Zellidja, c’est quoi ?

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📷 calidreamtravels

Tout commence en 1939. Jean Walter, architecte et industriel, inspiré par le voyage à vélo qu’il fit dans sa jeunesse, fonde les Bourses Zellidja (du nom des mines marocaines qui lui ont permis de faire fortune) avec le soutien du ministre de l’Éducation de l’époque, Jean Zay. L’objectif : « Donner aux jeunes le moyen de compléter leurs études par des connaissances qu’ils n’ont pas acquises dans les établissements scolaires et n’acquerront pas davantage dans les grandes écoles ou en faculté. »

Mais l’heure est à la guerre et le projet n’aboutit véritablement qu’en 1947 avec la création de la Fondation des Bourses Zellidja, qui octroie alors ses premières bourses. Plus de 70 ans après, la fondation et l’association qui lui est liée continuent de porter cette idée qu’il n’y a pas de meilleure école que celle de la débrouille et de la rencontre.

Aujourd’hui, une centaine de jeunes s’envolent chaque année, bourse en poche, aux quatre coins du monde. Certains partent à la rencontre des jeunes de 20 ans à Tokyo. D’autres vont faire un état des lieux des empreintes de la musique au Canada ; essayer de comprendre l’élection de Donald Trump ; étudier l’écotourisme au Costa Rica ; partir sur les traces des Khmers rouges ; écrire un reportage sur la dictature en Birmanie ; ou découvrir l’héritage des Vikings, en partageant pendant un mois le quotidien d’une famille irlandaises.

Les conditions d’obtention de la bourse de voyage Zellidja

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📷 giuliciu

Avoir entre 16 et 20 ans

Pour obtenir une bourse Zellidja, il faut avoir entre 16 et 20 ans. Pour les plus âgés, c’est frustrant, mais le fondateur (Jean Walter), justifiait ainsi son choix :  « Au-delà de 20 ans, ou un peu plus, les schémas mentaux sont fixés, les principaux choix sont faits. Avant 16 ans, il est trop tôt pour parler d’initiative, de responsabilité, de projet autonome. Vers 16 ans, la plupart sortent d’une période consacrée essentiellement à l’acquisition des connaissances, à la première formation de l’intelligence ».

De nos jours, l’association part du principe que les plus de 20 ans ont à leur disposition tout un tas d’autres moyens pour répondre à leurs envies voyageuses : d’autres bourses, des petits boulots, des aides diverses, etc.

Voyager seul

Un voyage n’est Zellidja que s’il est solitaire. « Partir seul, c’est précieux pour de multiple raisons », explique l’association. « Pouvoir mieux s’immerger dans un pays en laissant de côté ses repères culturels et linguistiques » ; « Prendre ses propres décisions » et ainsi « gagner en autonomie et responsabilité » ou encore « se mettre au défi » et « en tirer une plus grande confiance en soi et fierté ». On valide tous ces points !

« Le fait d’être toute seule m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi et d’apprendre à être autonome », confie Adèle, partie à 18 ans au Japon avec une bourse Zellidja, en Juillet-Août 2017.

« Quand tu es confrontée à des problèmes tu n’as pas le choix que de te débrouiller toute seule. Ça ouvre les yeux sur beaucoup de choses, on voit les choses différemment. »

Mais surtout, le voyage solitaire ouvre la porte aux rencontres. Car un voyage solitaire est peuplé d’amitiés passagères… Ou durables. Comme ces rencontres d’auberges de jeunesse.

« À Nara, j’ai atterri dans une auberge super» raconte Adèle. « Le proprio était super sympa je me suis retrouvée dans la chambre d’une fille du même âge que moi et on s’est super bien entendues, c’est encore aujourd’hui une super amie. Le soir on a retrouvé les autres voyageurs de l’auberge de jeunesse, on était une dizaine et on a passé une super soirée à manger, partager nos histoires de voyage, comparer nos cultures et à voir des grands débats politiques. Le gérant nous a ensuite emmenés à la fête des lampions de la ville, c’était incroyable. »

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📷 getlostwithflow

Partir un mois minimum

Difficile de s’immerger dans la vie d’un autre pays en moins d’un mois. Il faut du temps pour arriver à prendre le pouls d’un endroit, et voir autre chose qu’un décor de carte postale. Et, parce qu’il faut arriver à payer au moins un mois de voyage, le montant de la bourse (900 € maximum) est rarement suffisant pour payer l’intégralité du voyage.

Un voyage Zellidja est donc à la fois un moyen d’apprendre à voyager pas cher (en allant notamment dormir en auberge de jeunesse quasiment systématiquement), et un moyen de voir l’envers du décor (grâce au temps passé sur place).

Porter un projet de recherche

Zellidja n’a pas vocation à payer des vacances. Si vous souhaitez juste prendre le soleil au bord d’une piscine à l’autre bout du monde, cette bourse de voyage n’est pas pour vous. Idem, si vous voulez jouer les humanitaires. Un voyage Zellidja est un voyage à la rencontre des autres, porté par une recherche sur un sujet choisi. Étudier les forêts ancestrales et la déforestation au Pérou ; le véganisme en Irlande ; les vestiges de l’ex-Yougoslavie ; les identités cubaines ; les mythes et légendes cambodgiennes…

« Le choix du sujet est important », explique l’association sur son site. « Il doit tenir à cœur. Même s’il peut évoluer un peu entre la préparation du projet avant le voyage et la rédaction du rapport après le voyage, bien y réfléchir dès le départ, pour qu’il soit le plus possible en résonnance avec sa quête est précieux. »

Il ne s’agit pas tant d’une enquête que d’un fil rouge, une piste pour aller à la rencontre des autres en explorant une passion personnelle. Et une manière de raconter le voyage car, au retour, les boursiers doivent rendre un carnet de route, récit au jour le jour, un carnet de comptes reprenant le fil de leurs dépenses et surtout, un rapport sur leur sujet de recherche. Articles, dessins, vidéos, peu importe la forme, tant que le voyage et ses rencontres sont transmis.

Le projet Zellidja : un excellent alibi pour rencontrer des locaux

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📷 ashleyiswell

« Disposer d’un sujet d’étude permet aussi de laisser une trace historique de son voyage, pour soi, pour les autres », note l’association. « Depuis 1939, les études Zellidja ont valeur de témoignage d’époques et de lieux. Les rapports sont archivés à la Bibliothèque nationale de France. »

Adèle, par exemple, était au Japon afin d’étudier « l’architecture et la culture hybride » nippone. « J’ai sillonné le Japon de Tokyo à Osaka. J’ai ainsi pu observer le Japon contemporain et la tension avec la tradition, la manière dont elle est présente dans les us et coutumes des habitants et des étrangers; à travers différents paysages : urbain, montagneux, campagnard, maritime… Les carnets et l’étude ont été très motivants pour moi et m’ont permis de garder le cap de mon voyage, d’avoir un vrai but. »

Antoine, quant à lui, est parti au Costa Rica en 2011, pour voir le développement de l’écotourisme, puis en Corée du Sud, discuter des rapports avec l’ombrageux voisin du nord. Car « l’école » Zellidja se fait en deux temps, un premier voyage pour se découvrir puis, si le rapport rendu est satisfaisant, un second pour approfondir.

 « Mes deux voyages m’ont appris beaucoup de choses, de façon très différente pour l’un et l’autre » raconte Antoine. « Le premier était surtout l’occasion de prendre confiance, d’apprendre à lâcher prise, faire confiance à ma débrouillardise. Durant le deuxième, j’ai pu aller dans le fond des choses lors de mes rencontres, prendre le temps de profiter de ces moments, apprécier toutes ces petites découvertes jour après jour. La contrepartie c’est qu’aujourd’hui j’ai bien du mal à voyager sans essayer de m’intéresser à un peu toutes les facettes des endroits que je visite et sans avoir un but particulier. »

Comment postuler ?

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📷 hazelmarie8

Les dossiers de demande de bourse doivent être déposés en ligne sur le site de Zellidja avant le 31 janvier chaque année.

D’anciens dossiers de candidature, des rapports et témoignages sont disponibles en ligne pour aider les candidats à former leur projet.

Entre février et mars, les candidatures sont analysées par le jury de la région du postulant. Les sélectionnés sont ensuite convoqués à un oral évaluant la motivation, le sérieux et la maturité des candidats. Les bourses sont attribuées à partir de mi-avril. Elles peuvent aller jusqu’à 900 euros.

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