Aller aux toilettes à l’étranger : comment trouver les toilettes les plus propres quand on voyage

Toilettes sur le mont Kenya. Photo :Secrétariat de SuSanA
La première fois que j’ai découvert de près des toilettes à la turque, c’était à l’aéroport de Delhi, lors d’une escale, alors que j’attendais d’embarquer pour la Thaïlande. Je n’avais pas réfléchi à la question des toilettes pour mon prochain voyage d’île en île, mais là, face à cette cuvette en plastique moulée sous vide, complètement étrangère à mes habitudes, je ne pouvais plus l’ignorer.
« Bon, ça va être bizarre », me suis-je dit en m’accroupissant, mettant à contribution des muscles des cuisses très peu sollicités.

Pour les non-initiés, voici à quoi ressemble une cuvette à la turque. Image :Josh Evnin
Il s’est avéré que m’accroupir était le cadet de mes soucis une fois arrivée en Thaïlande.
Je me suis habituée à cet exercice d’équilibre accroupi, maispas aux changements spectaculaires en matière d’hygiène dans les toilettes thaïlandaises : on pouvait faire pipi dans un palais au sol rutilant, comme les toilettes du bar de la Lebua Tower à Bangkok (où il y avait des sièges à l’occidentale), puis se retrouver penché au-dessus d’un trou à l’odeur âcre dans un café-bar un peu plus loin dans la rue, les yeux rivés devant soi pour ne pas fixer les épaisses toiles d’araignées au-dessus. Il y avait des tuyaux d’arrosage à la place du papier toilette et, ce qui prêtait à confusion, toujours un lavabo mais généralement pas de savon. J’ai pris l’habitude d’apporter mon propre papier et du gel hydroalcoolique.
Une de mes amies, Zoé L., était encore plus déconcertée par ces extrêmes en matière de toilettes lorsqu’elle a entamé un voyage à travers la Chine et l’Asie du Sud-Est. Elle n’utilisait les toilettes publiques qu’après avoir envoyé une amie en éclaireuse, qui lui revenait avec une note sur une échelle de un à cinq.
« Les [expériences] les plus mémorables, ce sont les moments horribles », m’a-t-elle confié plus tard alors que nous comparions nos anecdotes de guerre des toilettes, « comme quand tu lèves les yeux et qu’une grenouille t’observe en train de faire pipi, ou quand tu vois le “numéro deux” de la cabine d’à côté flotter dans une fosse d’évacuation qui passe sous toutes les cabines. »
Ce qui m’amène à mon propos : nous sommes tous paranoïaques à propos des excréments.

Toilettes publiques à Jiashan, en Chine. Image :hellomatt
Que ce soit par crainte des germes, par délicatesse ou à cause de notre propre conception de ce qui est « normal », ancrée dans notre culture, nous avons tous un certain poids sur les épaules lorsque nous entrons dans des toilettes. Ainsi, lorsque les voyages nous obligent à sortir de notre zone de confort en matière de toilettes, nous réagissons avec peur. C’est une partie de l’aventure dont on se passerait bien.
Une chose est sûre cependant : quand il faut y aller, il faut y aller. En tant que voyageur, vous découvrirez donc rapidement à quel point les types de toilettes et les normes d’hygiène varient considérablement d’une culture, d’une région ou d’une organisation à l’autre.
C’est à vous de vous y préparer, plutôt que de céder à la panique. Armez-vous de ces astuces pour trouver des toilettes propres et survivre aux moins bonnes, et aller aux toilettes à l’étranger deviendra une épreuve bien plus supportable…
1. Sachez quelles toilettes sont susceptibles d’être les plus propres
Toutes les toilettes publiques ne sont pas entretenues de la même manière. Recherchez les endroits qui ont tout intérêt à impressionner leurs clients fortunés et à les fidéliser. Dans n’importe quelle ville, il s’agira des hôtels de luxe et des chaînes hôtelières de milieu de gamme (il y a généralement des toilettes publiques près du hall d’entrée), des restaurants avec du beau linge de table et des grands magasins proposant des marques de créateurs.

Toilettes dugrand magasin Daimaru, à Tokyo. Image c. Daimaru
Grâce aux normes d’entreprise, vous pouvez également compter sur des toilettes fréquemment nettoyées dans les chaînes de restaurants de milieu de gamme. Les galeries d’art et les musées ont généralement des toilettes bien entretenues, probablement parce que la nature spécifique de leur public implique une fréquentation moindre – sans compter que le fait de maintenir les lieux propres correspond à leur esthétique.
Méfiez-vous des lieux prisés des familles avec enfants, comme les salles de jeux et les fast-foods : les toilettes s’encrassent plus vite en raison de la forte affluence, et le nettoyage peut être sporadique. Il en va de même pour les chaînes de cafés et les petits cafés, où les intervalles entre les nettoyages peuvent être longs.
Toutefois, tout cela reste relatif à votre degré de désespoir : pour ma part, je n’ai certainement jamais fait la fine bouche devant un McDonald’s, et les voyageurs qui se rendent dans des pays comme l’Inde ou la Chine, où le fossé entre les « bonnes » et les « mauvaises » toilettes est énorme aux yeux des Occidentaux, affirment que c’est une véritable aubaine.

Image :Terry Johnston
À l’autre extrémité de l’échelle, les lieux situés dans des zones très fréquentées, où il n’y a pas de besoin commercial de vous impressionner, sont bien moins fiables en matière d’hygiène et de sécurité : pensez aux sanitaires des « transports en commun », par exemple les gares routières, les aires de repos pour camions ou les ports de ferry, ainsi qu’aux lieux de loisirs en plein air comme les parcs et les plages.
Cela ne veut pas dire que ces lieux seront forcément insalubres, mais, selon la région, ils pourraient l’être.

Image :JP Carrascal
2. Emportez un kit de survie
Que faire alors lorsque vous êtes désespéré, qu’il n’y a pas d’autres options de toilettes et que les installations laissent à désirer ? Sortez votre kit de survie.
Vous devriez avoir du papier toilette à portée de main dans votre poche, ainsi que du gel hydroalcoolique et de l’eau en bouteille au cas où il n’y aurait ni lavabo ni savon. Appliquez un peu de baume du Tigre sous votre nez pour masquer les mauvaises odeurs et lutter contre les nausées. Si vous pouvez vous y prendre à l’avance, portez des chaussures qui couvrent tout le pied plutôt que des tongs : elles vous donneront un sentiment de protection supplémentaire si le sol est crasseux.

Image :m01229
3. S’il n’y a pas d’intimité…
La culture occidentale repose sur le principe de faire comme si les fonctions corporelles n’existaient pas. Des toilettes publiques sans porte sur les cabines, voire sans cabine du tout, sont pratiquement inconcevables. Cependant, des toilettes sans porte de cabine, voire sans cabine du tout, existent dans certains pays, notamment en Chine.
En Inde, ilarrive que des champs à ciel ouvert servent de toilettes publiques(même si je tiens à souligner que, bien que cela constitue un énorme problème d’hygiène pour les habitants des zones rurales, ce n’est pas la norme à laquelle sont confrontés la plupart des voyageurs, qui ont tendance à rester dans les villes et dans des lieux destinés aux Occidentaux, comme Goa).
C’est un véritable choc pour quiconque n’a pas grandi en utilisant les toilettes de cette manière. Le meilleur moyen de les éviter est de planifier soigneusement vos pauses toilettes en suivant les conseils du point n° 1.

Des toilettes à cabines ouvertes en Chine. Image :Conortje
4. Il existe une application pour ça
Les développeurs d’applications ont vaillamment tenté de résoudre le problème de la recherche des toilettes propres les plus proches. L’application gratuite Sit or Squat répertorie les toilettes de votre quartier en fonction des avis des utilisateurs et vous indique si elles sont, disons, de type « assis » ou « accroupi ». Find Toilets est également gratuite ; elle répertorie les toilettes à proximité et vous indique comment vous y rendre. Cependant, ces applications peuvent manquer d’informations exhaustives ou à jour selon la région.
Si vous ne souhaitez pas télécharger d’application, vous pouvez toujours créer votre propre carte avec Google Maps. Avant de partir pour la journée, enregistrez les emplacements des hôtels chics, musées, etc. du coin, puis enregistrez la carte pour une utilisation hors ligne en tapant « ok maps » dans la barre en haut de l’écran.
Vous êtes toujours nerveux ? Sachez simplement qu’au final, la nécessité l’emportera sur la paranoïa. Une fois que vous aurez utilisé quelques toilettes un peu rudimentaires, l’expérience deviendra moins pénible – même pour quelqu’un qui a ses propres critères…
« J’ai arrêté de boire de l’eau pour ne pas avoir à aller aux toilettes », raconte Zoé à propos de sa tactique la plus extrême pour éviter les toilettes. « Mais je me suis vite rendu compte que je ne pourrais pas tenir longtemps comme ça, et j’ai commencé à avoir mal aux reins, alors j’ai décidé de surmonter ça. Il y avait des situations où je n’avais tout simplement pas le choix, par exemple quand on sortait boire un verre.
À la fin du voyage, plus rien ne pouvait me déstabiliser. »
Une histoire réconfortante dont nous pouvons tous nous inspirer.